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Didier Semin
 mer 26 janvier 2005 (16:00)
Didier Semin [historien d’art et critique]

 amphi de l'ENBA (rue Neyret) 1er étage de l'ENBA (ancien site) 10 rue neyret 69001 Lyon
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extrait audio
Le Peintre et son modèle déposé.

Le 22 avril 1969, la Sender Freies Berlin (une chaîne de télévision berlinoise) diffusait une curieuse émission: son producteur et réalisateur Gerry Schum la définissait comme une « exposition télévisuelle » et l’avait intitulée Land Art. Elle n’a pas séduit du tout les gens de télévision. Elle a en revanche d'emblée intéressé le grand collectionneur américain Robert Scull, qui, le jour même de la diffusion, a adressé à Gerry Schum un télégramme ainsi libellé: « Félicitations. Intéressé par l’exposition toute entière. Fixer un prix ».

Mais peut-on acheter un film comme on achèterait un tableau, ou des tableaux?
Cette histoire vraie est aussi une allégorie : une allégorie du hiatus, dans le champ de ce qu’on appelle les beaux-arts, entre les œuvres qui nous sont contemporaines (et qui embrassent un spectre très vaste de matériaux, de procédures et de techniques) et un mode de circulation et de conservation lié aux modèles traditionnels du musée et de la collection, et à la forte dimension fétichiste du marché de l’art. C’est de ce hiatus que traite l’essai de D. Semin publié en 2001 au Mamco et intitulé « Le Peintre et son modèle déposé » : la question y est abordée au travers de ce « cas-limite » que représente pour un artiste l’idée de protéger son droit d’auteur au travers d’un brevet industriel, et non selon les règles en vigueur pour ce qui touche aux œuvres de l’esprit. (Au XXe siècle, ils sont assez nombreux à avoir franchi le pas, singulier, du dépôt légal d’un brevet pour une œuvre d’art : Baranoff-Rossiné, Yves Klein bien sûr, mais aussi Jean Tinguely, Takis, plus récemment Hubert Duprat...). Au-delà de ce cas particulier du brevet, le livre essaie de prendre en compte la question plus large du contrat, du script et du scénario, de tous les éléments en bref qui permettent de reconstituer, ou de rejouer des œuvres qui prennent la forme de l’installation ou de la performance, et n’ont pas d’existence concrète entre deux présentations. L’auteur essaiera de revenir sur ces problèmes, en traçant quelques perspectives pour un approfondissement du travail publié par le Mamco il y a quatre ans.