à venir • 26 novembre 2014 (17:00) • Jiri Kovanda [artiste] 
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 mer 09 mars 2005 (16:00)
Cécile Bart [artiste]

 amphi de l'ENBA (rue Neyret) 1er étage de l'ENBA (ancien site) 10 rue neyret 69001 Lyon
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extrait audio
Dans un premier temps, Cécile Bart vient sans œuvres toutes faites dans ses bagages. Ce qui est important pour elle : étudier l’architecture d’après les plans, mais surtout « sur place, s’imprégner de manière totalement subjective du lieu, de son ambiance lumineuse, de ses couleurs, de la façon dont on s’y déplace, comment on entre et sort… Et c’est seulement après avoir accompli cette démarche qu’elle construit son projet dans l’espace, en choisissant parmi les éléments d’un vocabulaire plastique construit au cours de ses recherches.
Pour l’artiste, la transparence ou l’opacité sont les composantes essentielles d’une peinture sensible aux variations de l’éclairement selon les points de vue du spectateur ; son intervention fonctionne comme un troisième terme, qui fait lien entre le lieu, sa configuration architecturale, sa lumière et son exploration spatiale. « Peindre de la sorte, en conservant au tissu sa transparence, et mettre la peinture dans l’espace sont venus simultanément. On ne peut les dissocier. « J’essaie de maintenir ces deux composants, la peinture et l’espace, au même niveau. Plus je joue avec l’architecture, avec le déplacement, avec les ouvertures, avec tout ce qui est de l’ordre du réel, avec le fait qu’on soit là à tel moment dans tel espace, plus j’affirme concurremment la peinture »

Et en effet, contrairement aux minimalistes qui emploient des tissus imprimés industriellement, elle applique manuellement la couleur avant de découper sa toile, pour obtenir, selon la touche et les irrégularités d’épaisseur, les vibrations et moirages qui animent subtilement la surface. C’est à partir de ses nuanciers soigneusement échantillonnés qu’elle détermine les combinaisons de formes et de couleurs qui fonctionneront entre elles à la fois en travelling continu et en césures. Il s’agit de conserver la tension à tous les niveaux : tension du tissu, tension des différentes teintes entre elles, tension entre fluidité et coupure, tension même avec les œuvres des autres artistes exposés.
Les installations de Cécile Bart ne saturent pas l’espace, elles ne sont que des ponctuations, des jalonnements. Ce sont les spectateurs qui les font vivre selon leurs cadences d’exploration en se laissant envelopper par le rythme fluide ou haché des couleurs qui s’enchaînent d’un pan de mur à l’autre, se superposent, passent l’une devant l’autre. À fleur d’écran, nous pouvons en éprouver la texture teintée, finement granuleuse, suivre le déroulement rythmé des surfaces colorées ou, de plus loin, voir s’y refléter des fragments « cinématographiés » de la réalité présente, métamorphosés en fictions éphémères.

Telle est la peinture, dans tous ses états, selon Cécile Bart : « du cinéma in situ et en temps réel»

Marie-France Vô

Texte de Lilianne Tourraine www.exporevue.com // 2003