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Myriam Gourfink
 mer 23 mars 2005 (16:30)
Myriam Gourfink [chorégraphe]

 amphi de l'ENBA (rue Neyret) 1er étage de l'ENBA (ancien site) 10 rue neyret 69001 Lyon
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extrait audio
Elle est née en 1968 et après avoir fait le CNSM d’Anger et un parcours atypique, elle explore la danse contemporaine de façon singulière avec entre autre ses dispositifs technographiques dans lesquesl Kasper T. Toeplitz est un de ses collaborateurs essentiel. Elle a créé un logiciel de composition chorégraphique LOL.

…«Pour moi la danse doit être vécue dans la profondeur des corps, ce que l'on montre n'a aucune importance. A mon sens, un danseur devrait plus se soucier du corps qu'il est que du corps qu'il a, car la danse est sans forme, elle est au-delà des contours du corps, elle est juste là, tendue, comme une ligne entre deux points».
Ce que l'on montre n'a aucune importance... La danse est sans forme... Et dans ces cas, le regard du spectateur se trouvant problématisé plus que jamais, la visée critique se situe au-delà du voir... Elle débouche sur l'aveu, infiniment humble, d'une... perplexité.
La pièce Contraindre contraint à repenser la limite du temps de perception lui-même. Jusqu'où celui-ci remonte-t-il en amont, dans la connaissance qu'on peut avoir, la compréhension qu'on peut travailler, des dispositifs technographiques obstinément expérimentés par la chorégraphe? Soit un renversement du principe partitionnel en danse, qui consiste, non plus à seulement noter celle-ci après coup, une fois qu'elle s'est écrite dans le concret physique du plateau, mais bien à la préfigurer ainsi qu'un compositeur de musique le fait avec le son. Et cela, non pour affirmer un pouvoir plus absolu encore du chorégraphe sur l'interprète, mais tout à l'inverse pour ouvrir à celui-ci l'opportunité d'un déplacement radical: c'est tout autre chose de former du geste sur une écriture consignée, que sous la conduite effective d'un auteur physiquement et psychologiquement présent. D'autant plus que les recherches très sophistiquées de Myriam Gourfink et de son équipe débouchent sur des segments de partitions, dont les prolongements sont déterminées, entre de multiples variables virtuelles, par le mouvement même de la danseuse, saisi par capteurs. Elle découvre cette partition pré-conçue et pourtant constamment inédite, dont elle est en partie l'auteur, sur des écrans couchés autour d'elle au sol, où elle lit l'écriture de cette composition instantanée assistée par ordinateur.
Et les questions commencent. La qualité de mouvement qui s'observe dans Contraindre tient-elle à un choix de Myriam Gourfink, qui tout aussi bien pourrait ignorer les recours technologiques? Ou bien sont-ce principalement ces recours qui déterminent cette qualité? Dans cette seconde hypothèse, la constance exceptionnelle de cette qualité, pièce après pièce, ne pourrait-elle être perçue, à la longue, comme la marque d'un enfermement plutôt que d'une ouverture qu'induirait le dispositif technologique? Mais cette contrainte ne constituerait-elle pas un formidable principe chorégraphique? Et là, on ne parle pas de la disposition très particulière des spectateurs, en nombre très restreint, sur deux rangées coupant le centre de l'espace scénique, une danseuse évoluant de chaque côté, dans une gémellité confondante de la présence-absence. Sans oublier, encore, l'extraordinaire travail musical, de captation, torsion et spatialisation des ondes par Kasper T. Toeplitz et Laurent Dailleau au thérémin...

Extrait d’un article écrit par Gérard MAYEN en 2004 sur la pièce Contraindre, projet choréo-technographique

Textes complémentaires [pdf] :

De l' "Ecarlate" à "Contraindre" Myriam Gourfink

Ecriture vs. Composition Kasper Toeplitz