


Amélie Derlon Cordina, Mange tes morts, 2011
vidéo, 25’
Un lieu-décor, un chœur de femmes-magnolia, un jeune homme à l’allure de gabian et roi déchu. Marseille, nef d’une cour dont les reines sont devenues les sujets. Pareilles à des monarques, elles sont d’une nature insaisissable : personne n’ose lever le voile sur leur ascendance divine et leur présence manifeste leur incarnation. Leur mouvement tient de la volte, de la spirale, des héliotropes et s’étourdit de lui-même en fournissant au film sa matière et sa structure. Ici, isoler le récit dans une succession d’éléments serait infécond : la fabrique des images émane de la volonté d’un désordre décidé. Les acteurs – non professionnels – sont filmés dans leur environnement familier auquel vient s’ajouter une scénographie, des costumes, la mise en scène et autres accidents anticipés. A. D.C.