


Latifa Echakhch, Globus M, 2011
Map monde froissée, vernis
Circonférence : 66 cm
courtesy de l’artiste et kamel mennour, Paris
Au sol, une boule de papier froissé. Il s’agit d’une mappemonde politique des plus courantes : une de ces images colorées du monde découpé par états, avec beaucoup de bleu pour la mer et différentes couleurs – rose, vert, jaune, orange – pour distinguer clairement chaque territoire. De cette représentation plane du monde connu, Latifa Echakhch en fait, dans un geste simple et iconoclaste, la représentation d’un monde froissé, plié, celle d’un monde chaotique, jeté à terre. Le titre latin, globus, n’est pas exactement le mundus, comme la globalisation n’est pas exactement la mondialisation, bien qu’elles décrivent un même phénomène d’unification du temps et de l’espace à l’échelle planétaire, la première désigne des liens d’interdépendances géopolitiques quand la seconde se réfère à un système éthique de responsabilité partagée à l’échelle de l’humanité, au delà des intérêts des nations. Avec Globus, il s’agit de renverser cette totalité achevée pour recomposer un monde partiel abritant des zones d’ombres, des territoires reculés, des parts d’inconnu. Froisser l’image du monde, c’est en recréer un modèle partiel et asymétrique, tout en plis et replis, c’est aménager des proximités aléatoires et c’est aussi contester la vision d’un monde entièrement connu, celle d’une image déjà vue.