Tout est noir ŕ l'intérieur. Nous allons jouer ŕ un jeu.
Mon travail consiste à mettre en espace des productions d’images (peintures, dessins, sérigraphies...) et de volumes (sculptures essentiellement à base de matériaux de récupération), étroitement liées dans une relation de projection/réflexion, crée par un jeu de lumière, de matières, de regards, de signes physiques et mentaux, dans un univers entre le noir et le blanc, le visible et l’invisible, renvoyant constamment le spectateur à son propre discernement.
Je conçois ces formes, à la limite entre abstraction et figuration, comme des moules potentiels tendant vers un vide. J’entends par vide le fait qu’elles constituent des fragments, renvoyant à des ellipses. Elles fonctionnent comme des ruines, des restes, des débuts ou des fins de constructions laissant des traces derrière elles, dans un imaginaire collectif.
Je questionne l’hybridation des formes, leur métamorphose, la liberté du fragment dans sa relation au tout , son opposition à un système, ou la discontinuité s’emploie à démanteler la cohérence même d’un patrimoine, accélèrer la dissolution des formes et remettre en question le savoir qui les a engendrées.
Les notions de débris qu’elle contient découle de ce que j’appelle un « romantisme de rupture », ou une « mélancolie générationnelle », étant une des causes de l’inachèvement et de l’absence d’unité dans le travail.
Je tente de construire, en puisant dans les codes de représentation, les symboles, (tout en privilégiant l’imaginaire plutôt que le symbolisme pur), les signes de pouvoir contestataires de la culture de masse d’aujourd’hui (comme la culture rock et la musique alternative), ainsi que dans certains courants de l’histoire de l’art (le clair obscur, l’expressionisme, le romantisme, le constructivisme, le suprématisme...), pensé comme un héritage du passé qui aurait implosé ; un univers contenant l’image d’une fin et d’un éternel recommencement, un infini, le désordre d’un système de pensées et de formes, en mutation vers un ailleurs, en manque car entre deux états, qui refléterait une conscience de la simultanéité perpétuelle de phénomènes contradictoires.