Certains objets, certaines actions et certains lieux ne semblent exister que dans un rapport anecdotique au monde.
Un rapport qui exige que l'effort à s'y intéresser se déploie dans une vanité, se parre d'absurde ou s'illustre dans un geste idiot, naïf.
Ces anecdotes, elles nous sont familières, je vais les trouver dans le matériau anodin de l'univers domestique (l'hygiène des formes qui nous entourent, la cyclicité des sons que l'on entend, le parcours des lieux que l'on habite...), dans cette somme d'actions, de volumes, d'architectures que l'on ne perçoit qu'en terme d'habitude.
Bien qu'inframinces, ces détails sur lesquels je m'arrête ont une présence matérielle forte. Par leurs rapports d'échelle, par leur attachement à l'architecture, par l'immédiateté de leurs signes et de leurs matériaux, ils dévoilent un regard sur l'intérieur et l'exterieur, le visible et l'anecdotique, le publique et l'intime ; ils mettent en jeux les vides et les pleins, les balisent, les construisent et nous apprennent comment, en remplissant notre quotidien, ils modèlent notre langage et nos affects.
L'idiotie que je projette révéle ces espaces en conservant leur nature : celle d'un réel qui se confronte au corps dans sa présence et ses déplacements.