Comment?
Démarrer.
Je parcours.
Je pars et je cours. Je parmarche.
Je pars, par monts et par vaux. Sans élevage. Deçà. Delà. Par-delà. Par-devant. Parasol.
Je m’arrête pour poser au sol une pierre.
Les cairns sont mes points de repère, mes points d’arrêt.
Un empilement, sans liant, sans lien entre les constituants.
Des constructions spontanées. Et éphémère.
Une présence absente. Une présence, qui s’absente.
Interroger la construction d’un individu, ajouté à un autre individu, auquel se joint encore un autre individu, etc.
Qui pose la première pierre?
Pierre après pierre, je me construis. Je rencontre et j’échange.
Je quête le geste, la répétition du geste.
Le geste, parce qu’il construit. Lorsque je geste, je fais. Je ne sieste pas, je fais.
C’est ici l’expérience d’un lieu, l’expérience d’un geste, d’une situation, d’un moment.
L’expérience de possibles.
Une expérience de la durée. Jour après jour.
Je fabrique des objets réflexifs qui jouent avec l’éphémère.
Des situations qui paraissent pouvoir durer malgré l’équilibre précaire qui y ressort.
C’est cette double lecture que je trouve intéressante. La fragilité de la situation, la posture. L’équilibre magique qui en ressort.
Cette fragilité du moment où coexistent force et faiblesse, intérieur et extérieur, stabilité et instabilité.
Oscillantes et éphémères directions.
Jusqu’au moment où je vais m’arrêter.
Et m'’installer.
Installation, subtilité, précarité, temporalité, limite, fragilité, préciosité, construction.
S’installer, c’est donner lieu d’être. S’installer, c’est fabriquer une limite. Entre le dedans et le dehors.
La construction d’espace à vivre et l’instauration de lieux à habiter, à fréquenter, à parcourir, croise et mixe avec les domaines du design, de l’architecture et du paysage.
Mon rôle se situe dans cet entre.
Inventer un «moment» qui dépasse l’inertie des bâtiments.
Très vite, rien ne s’impose. Rien ne se sait. Tout se voit.