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12-03-2008

Patrick Guns

Patrick Guns vit et travaille à Bruxelles, Belgique. Les lettres toutes prêtes des banderoles d’anniversaire détournées pour devenir des messages politiques ou des litanies de noms qu’utilise Patrick Guns posent de façon ludique à la fois la question de l’ornement et du processus de nomination des choses. Moderne Cratyle, il semble que l’artiste croit encore que les mots aient un sens, sinon une signification. Les gestes aussi puisqu’il propose à des cuisiniers de haut niveau de préparer des repas d’après des listes établies par des condamnés à mort aux États Unis d’Amérique. Offrande de mets qui ne seront pas consommés mais consumés : l’artiste met le doigt sur le manque de tant d’œuvres actuelles, prises dans le challenge de l’image. Patrick Guns créent des œuvres qui portent une part d’absence : dessins crayonnés au bic durant des heures, têtes sans visages de sculptures blanches, personnages fantômes, ou villes suspendues. C’est du symbolique dont il est question. My Own Private Hero, 2006, propose une figure géante en résine dont la tête est une boule de bilboquet détachée du corps, au fil rompu. Les séries de dessins de Femme et plateau moquent à la fois une coutume qui modifient à jamais l’intégrité d’une bouche dont la parole ne sera jamais fluide, et les images d’Epinal décorant peut-être des porcelaines bon marché aux emblèmes d’anciennes colonies. Il y a toujours une part cachée, une part de masque, celui du carnaval mais aussi celui du clown, Fripon Divin dont le rôle est de transgresser les règles pour « jouer un jeu méchant ». Vingt Minutes Sous Terre, 1997, montre un corps d’homme couché sur l’herbe, dont la tête enfouie dans le gazon récite, en temps réel, une liste de 300 verbes de la langue française. Occupation absurde ou hommage sublime à la vie? L’œuvre que Patrick Guns déploie possède cette élégance de nous laisser choisir. www.galeriepolaris.com Paris