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Le procès d’une polémique
Jan Karski, l’Histoire et la fiction

Workshop avec Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós, pour les étudiants de 4e année Art

Ce workshop mené par les commissaires d’expositions Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós propose l’élaboration collective d’une exposition performative, sous la forme d’un procès fictif historique retraçant les enjeux d’une importante polémique littéraire récente.

En 2009, l’écrivain français Yannick Haenel reçoit le prix Interallié pour son roman « Jan Karski » paru chez Gallimard, basé sur la vie du résistant éponyme, diplomate et courrier du gouvernement polonais en exil à Londres, témoin dès 1942 de l’horreur des camps nazis et chargé d’alerter les Alliés du sort réservé aux Juifs d’Europe. Jan Karski rencontre en 1943 le président Américain, à la Maison Blanche, durant un long entretien. Deux documents diplomatiques en attestent mais personne ne sait avec exactitude, ce qu’ils se sont dits, ni comment a réagi Roosevelt au récit de l’insoutenable. Souhaitant « témoigner pour le témoin », Yannick Haenel imagine dans la troisième partie de son livre, le déroulement de cette rencontre, et propose - face aux silences des archives, aux silences des témoins - une fictionnalisation de l’Histoire, à partir d’une approche délibérément intuitive. S’en suivra, durant tout le premier trimestre 2010, une très vive polémique, ouverte notamment, par le cinéaste et auteur de Shoah, Claude Lanzmann qui accusera Yannick Haenel de falsifier l’Histoire.

Cette vive et complexe polémique aura redéployé de nombreuses problématiques dans l’espace public et médiatique :

A la suite de nombreux procès et tribunaux fictifs, notamment initiés par certains artistes et cinéastes contemporains (Anton Vidokle, Olive Martin & Patrick Bernier, Marcel Hanoun, Jean-Stéphane Bron, Abderrahmane Sissako, sans compter les incontournables procès surréalistes menés notamment par André Breton dans les années 1930), ce workshop se propose de déployer à partir d’une esthétique judiciaire, un espace verbal spéculatif, situé entre fiction et réalité.

Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós sont théoriciens et commissaires d’exposition basés à Paris, fondateurs de la plateforme curatoriale le peuple qui manque. 

Parmi les dernières manifestations dont ils ont été les commissaires, Au delà de l'Effet-Magiciens (Fondation Gulbenkian, Laboratoires d'Aubervilliers, 2015), The Accelerationist Trial  (Centre Pompidou, 2014), La géografia sirve, primero, para hacer la guerra (Museo de la Memoria, Bogota, 2014), A Thousand Years of NonLinear History (Centre Pompidou, 2013), The Borderscape Room (Le Quartier, 2013), Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. (Bétonsalon - Centre d’Art et de Recherche, 2013), L’artiste en ethnographe (Quai Branly - Centre Pompidou, 2012), Que faire ? art / film / politique (Centre Pompidou, 2010).

Ils ont récemment dirigé Géoesthétique, un ouvrage collectif dédié au tournant spatial dans l’art (Editions B42, 2014) et Histoires afropolitaines de l’art, numéro double 53-54 de la revue Multitudes (2013).

Ils ont travaillé pour diverses institutions culturelles (Musée National d'Art Moderne / Centre Pompidou, CNAP, etc.).

Ils contribuent régulièrement à des ouvrages collectifs ou des revues (Art Press, les Cahiers du Mnam, l’art même, Multitudes, dont ils sont membres du comité de rédaction, etc.).

Kantuta Quirós est Maître associée à l'Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. 
Aliocha Imhoff enseigne à l'Université Paris 1.