Crip Imagining in the Making / Inventer des imaginaires estropiés
Crip Imagining in the Making explore le handicap comme une force critique et créative, et non comme un manque ou une défaillance. À la croisée des disability studies (études handies, ou études menées depuis le handicap), des pensées féministes et queers et de la crip theory*, les imaginaires estropiés envisagent les corps handicapés comme des lieux de savoirs situés, capables de remettre en cause les normes qui hiérarchisent les existences et organisent la visibilité des corps.
*Les études et les pratiques crip invitent ainsi à repenser l’exposition comme un lieu de désapprentissage du validisme, où les corps, les récits et les formes artistiques peuvent exister autrement — hors de l’exception, hors de l’invisibilisation, dans un espace commun à réinventer.
No Anger
À travers sa pratique artistique, qui mêle art vidéo, performance et écriture littéraire, No Anger interroge les modes d'expression et de monstration des corps. Inscrits dans un langage et un imaginaire communs, traversés par des rapports de domination, les mots et les images véhiculent une vision du monde qui hiérarchise les corps entre eux. No Anger vise à exprimer l'expérience de corps minorisés qui s'affranchissent de leur monstration hégémonique.
En 2022, iel co-fonde, avec Lucie Camous, le collectif Ostensible, structure de recherche-création dédiée aux disability et crip studies qui mène une réflexion intersectionnelle autour du validisme.
Le Collectif OSTENSIBLE
Le collectif OSTENSIBLE, cofondé par No Anger et Lucie Camous, prolonge cette démarche dans le champ du commissariat d’exposition et de la recherche-création. En refusant le prisme médical du handicap, OSTENSIBLE développe une approche intersectionnelle qui considère l’accessibilité comme une esthétique et une éthique, et le commissariat comme un espace de transformation des normes du regard, du temps et de la production artistique.