Du 06-05-2026 au 13-04-2026
Exposition - Écouter leurs images
Écouter leurs images
En novembre 1982 ouvrait au Musée des enfants du Musée d’art moderne de la ville de Paris une exposition initiée par le photographe algérien Djamel Farès et qui visait, plutôt qu'à « donner la parole » à des enfants d’un quartier de Créteil, à « écouter leurs images ».
Il s’agissait alors de faire place, dans le temple de la légitimité républicaine, le musée, à celleux que le sociologue Abdelmalek Sayed appelait alors les « enfants illégitimes ». Sur une idée originale de la scénographe Mariela Provenzali, l’exposition a consisté à rejouer, dans le musée, les différents espaces qu’ils parcouraient : une rue, un appartement, un théâtre et une bibliothèque. Ces différentes salles ont accueilli les calligraphies, peintures et sculptures réalisées par des enfants avec les animateurs, bibliothécaires, institutrices, professeurs d’arabe, ou avec des artistes, dont le calligraphe Hassan Massoudy et le sculpteur Hamid Lafer, ainsi que les photographies prises avec les appareils que Farès leur avait confiés.
Des pièces réalisées par des adultes, ainsi une robe berbère de grand format proposée par les membres d’une association de couturières allophones et les photographies de Gyula Zaránd et de Djamel Farès, y étaient également présentées. Les productions n'étaient pas différenciées selon des critères d’âge ou de compétence. Loin d'exposer les pièces des enfants dans un espace séparé, le Musée des enfants opérait une déhiérarchisation des compétences et des légitimités comme rarement une institution artistique l’avait alors fait.
L’exposition a ensuite été oubliée, à l’instar de l'institution atypique qui l'avait accueillie et rendue possible.
Djamel Farès a eu la gentillesse de nous confier ses archives, Laurence Le Goistre, alors animatrice, de nous en prêter d’autres. À notre tour, nous les avons écouté·es, ainsi que Mariela Provenzali, la scénographe, et Catherine Huber, la conservatrice du Musée des enfants. Il nous a importé de comprendre leur refus d’une « intégration sous condition de faire rupture[1]» et leur souci de « la présence et [du] regard d’autres personnes, leur implication personnelle et [les] actions [qu’iels ont] entreprises [2]».
[1] Louisa Yousfi, « Héritages et imaginaires : rencontre avec Louisa Yousfi », Le Book Club, France Culture, le 19 mars 2026.
[2] Ariella Aïsha Azoulay, Wendy Ewald, Susan Meiselas, Leigh Raiford, Laura Wexler, La Photo, une histoire de collaboration(s), Paris, éditions Delpire, p. 9.
Une exposition proposée par Zoé Genestier, Valentine Jayer, Guillaume Janot, Leila Lefeuvre, Antoine Mccall, Negar Maleki, Tristan Mermoud, Anastasiya Pauliuchuk, Clément Reitz, Vincent Romagny, Salimata Traore Gnabelé et Anton Triau.
Du 6 au 13 mai 2026
→ Vernissage
5 mai 2026 ◷ 18h
→ Ouverture
Mercredi 6 mai ◷14h → 18h
Jeudi 7 mai ◷14h → 18h
Vendredi 8 mai ◷14h → 18h
Samedi 9 mai ◷14h → 18h
Mercredi 13 mai ◷14h → 18h
→ Lieu
Réfectoire des nonnes
Ensba Lyon
8 bis quai Saint-Vincent
69001 Lyon
Entrée libre
