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28-01-2009

Ulla Von Brandenburg

J’aime remettre en jeu les oppositions artificielles que nous imaginons entre le rationnel et l’irrationnel. Je souhaite révéler comment le fonctionnalisme et le positivisme scientifique peuvent cohabiter avec le rêve, l’inconscient et le refoulé. Je crois qu’il est un leurre de penser que la connaissance permet de changer fondamentalement les individus. Avoir conscience des ses peurs, identifier ses angoisses, ses inhibitions, ne suffit pas pour les comprendre ou y échapper. D’où, l’intérêt particulier, depuis le début de mon travail, pour la fin du 19eme siècle et le début du 20eme, des périodes où perdurent intensément, la magie, l’occultisme, le spiritisme, des parasciences qui cohabitent avec les grands bouleversements industriels et scientifiques qui façonnent encore en partie notre vie. D’où aussi l’usage, dans mes oeuvres, de métaphores pour évoquer le conscient et l’inconscient, le réel et la fiction, la vie et la mort. Cela peut-être la forêt, les jeux d’ombres et de lumières, les rideaux, les squelettes, les vêtements, la scène de théâtre, etc. D’où aussi, l’importance des travaux dessinés à partir d’anciennes photos trouvées, avec toujours, la volonté de simplifier les images en les épurant, en les rendant évanescentes, en diluant au maximum les couleurs avec de l’eau, sur un papier fragile, celui qui sert à faire le patron des vêtements en couture. Puis de laisser les dessins non encadrés, simplement épinglés flotter sur les murs comme des fantômes. Je ne suis pas pessimiste pour autant, je ne considère pas que la seule chose dont nous sommes certains soit que nous allons mourir. Je suis plutôt optimiste, le progrès technique nous a beaucoup apporté, simplement, je crois que nos peurs, nos frayeurs, nos désirs, nos joies, nos sentiments ne changent que très peu avec les siècles, ils conservent une forme d’immuabilité. Voilà pourquoi, j’aime créer des atmosphères, des ambiances pour que les gens qui pénètrent dans mes installations puissent rencontrer des sentiments et des émotions intemporelles qu’ils avaient refoulés ou qu’ils avaient oubliés.