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11-03-2009

Elodie Lecat

Selon certains, aujourd’hui, il y aurait d’un côté l’image et de l’autre le visuel. L’image, c’est ce qui engagerait l’élaboration d’une altérité tandis que le visuel, relevant d’une logique de flux et de représentation interchangeable ne permettrait pas au sujet de se construire en tant que tel. Une telle distinction intéresse-t-elle et nourrie-t-elle ton travail ? Se (re)formule-t-elle à travers les images que tu mets en oeuvre dans ton travail ? Tes préoccupations concernent-elle l’image ou les images ? On ne peut utiliser des images aujourd’hui sans se poser cette question. Mes images sont liées depuis le départ à mon environnement quotidien. Elles sont réalisées à des moments très variés, choisis ou non. Ce sont pour la plupart des images assez simples mais qui contiennent toutes une ambiguïté quant à leur statut et c’est ce qui pour moi les rend intéressantes. Il y a une part d’intimité de par leurs sujets (souvent des proches, des lieux fréquentés…) et pourtant l’idée est de les livrer comme on propose une image qui appelle a l’imagerie collective, de l’ordre du poster ou de la carte postale. Faire basculer le personnel dans l’universel. Comment comprends-tu la fameuse déclaration de Douglas Huebler sur son souhait de ne rien ajouter dans un monde qui contient déjà tant d’images et d’objets ? Compte-t-elle pour toi ? Considères-tu que tu ajoutes des images à celles qui existent déjà ? Je trouve très intéressante la position de Douglas Huebler qui se « contente » d’énoncer l’existence des choses et de les mettre en rapport, en posant dans son travail l’idée du temps et de l’espace avec la recherche d’un « au-delà de l’expérience sensible ». De cette démarche, je me sens assez proche, mais pour moi, imaginer et réaliser de nouvelles formes constitue non pas une façon d’« ajouter » mais plutôt de révéler en puisant dans l’existant : images, formes, matériaux. Je me considère plus comme quelqu’un qui organise différemment ce qui l’entoure par le biais de combinaisons plurielles. extrait d’un entretien avec E. Hermange