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A l'endroit du lieu

L'élaboration de tables est devenue, après l’exposition expérimentale Le temps suspendu en 2011, une manière d’organiser la recherche elle-même. Le modèle de ce type d’argument visuel a été élaboré par Aby Warburg entre 1925 et 1929 dans son Atlas « Mnemosyne ». Une première étape de la nouvelle direction de la recherche autour de l’élaboration de tables en trois dimensions a été présentée à l’occasion de l’exposition Vision ; Recherche en art et Design au Palais de Tokyo en avril 2016. Elle porte une attention spécifique à la dimension de la maquette et à sa fabrication. L’unité de recherche a présenté les travaux au mois de décembre 2016 dans une exposition au Réfectoire des nonnes à Lyon. Les images, outil classique des tables warburgiennes, sont en un certain sens augmentées par le geste de leur réalisation. Le temps découpé en son lieu est le titre qui accompagne cet Atlas de tables-maquettes. Il renvoie d’un côté au travail matériel de la découpe, nécessaire pour fabriquer un modèle, et de l’autre aux strates temporelles que nos maquettes font apparaître, non pas en général, mais en relation à un lieu spécifique et exemplaire. L'unité de recherche travaille actuellement à une édition de ses travaux à paraître en 2018.

Le nouvel axe de travail de l'unité de recherche, Le lieu à son endroit, se fonde sur l'interlocution comme outil et le lien entre parole et geste comme praxis. Depuis toujours, le dialogue est un outil de recherche pour les membres de l'unité travaillant dans des champs disciplinaires variés. Les moments de rencontres sont le véritable lieu du travail, même si la forme de l'exposition, l'édition d'ouvrages, la production de textes ou l'organisation de colloques ponctuent cette activité essentielle à la recherche. Les dernières expériences ont mis en exergue la réactivation du temps chez les artistes dans l'expérience de ce qu'on a appelé « la découpe en son lieu ». L'unité de recherche s'intéresse désormais aux notions de réversibilité et d'invention, telle que la notion de « régression » freudienne le propose dans son modèle temporel lié au processus psychique comportant un sens de parcours ou de développement. On désigne par « régression » un retour en sens inverse à partir d’un point déjà atteint jusqu’à un point situé avant lui. Ce renversement de l'ordre entre excitation et production de mémoire ou de langages permet de penser un modèle d'organisation en temps suspendu de l'improvisation, de l'intuition, d'un avant du langage si important dans l'art contemporain.

L'unité de recherche a invité dans ce nouveau cadre de recherche les artistes Louidgi Beltrame et Matt Mullican, le philosophe Pietro Montani et au mois de décembre 2017 l'historien de l'art Jan Verwoert à des séminaires intensifs à l'Ensba Lyon.

L'unité de recherche a organisé en mai 2017 sous la direction de Bernhard Rüdiger, de Doris von Drathen, historienne de l'art et critique d'art, Ecole Spéciale d’Architecture de Paris, de Mark Lyon, artiste, Columbia Paris, de Raphael Zagury-Orly, philosophe, académie des beaux-arts Bezalel à Jerusalem et chercheur invité à l'ENS de Paris, le colloque Humanisme de l'autre au Columbia Global Center de Paris.

Fabrication des maquettes
Séminaire avec Louidgi Beltrame, 2016
Temps de recherche autour des maquettes
Post-diplômes et chercheurs ACTH pour le séminaire avec Jan Verwoert, 2017
Exposition Le temps découpé en son lieu (2), Réfectoire des nonnes, 2016
Exposition Le temps découpé en son lieu, Palais de Tokyo, 2016